Garantir l'accès à l'eau potable reste un défi majeur de santé publique dans de nombreuses régions d'Afrique subsaharienne. Le lot de travail 5 (WP5) du projet ODIN contribue à rendre les services d'approvisionnement en eau plus sûrs et plus résilients en renforçant les plans de sécurité sanitaire de l'eau (WSP) et les plans de sécurité sanitaire de l'assainissement (SSP). Ce travail est mené en collaboration avec les partenaires du consortium ODIN du Burkina Faso (CNRST/IRSS-Unité de recherche clinique de Nanoro), de la RDC (Université de Kinshasa) et de la Tanzanie (Institut national de recherche médicale), avec le soutien des experts en WSP et SSP de l'Institut finlandais pour la santé et le bien-être (THL, Finlande) et de l'Institut national pour la santé publique et l'environnement (RIVM, Pays-Bas). L'implication des institutions nationales, des services des eaux, des régulateurs et des parties prenantes locales a été cruciale dans ce travail.

Les connaissances nécessaires à ce travail ont été recueillies grâce à des ateliers organisés avec les parties prenantes dans chaque pays, à des analyses systématiques des documents existants relatifs aux plans de sécurité sanitaire de l'eau et aux plans de sécurité sanitaire de l'assainissement, ainsi qu'à un dialogue continu avec les acteurs des secteurs de l'eau et de l'environnement. Ces activités ont permis d'aboutir à une compréhension commune des pratiques actuelles, des lacunes et des possibilités d'amélioration dans différents contextes nationaux (Étape 5.3. Rédaction des premières ébauches des plans de sécurité sanitaire de l'eau et de l'assainissement (WSP, SSP) et identification des besoins en informations).

Les plans de sécurité sanitaire de l'eau fournissent un cadre préventif, fondé sur les risques, pour la gestion de la qualité de l'eau potable, de la source au consommateur. Plutôt que de réagir à des incidents de contamination, les WSP se concentrent sur l'identification des dangers, l'évaluation des risques et la mise en œuvre de mesures de contrôle tout au long de la chaîne d'approvisionnement en eau. En complément, les plans de sécurité sanitaire de l’assainissement (SSP) appliquent une approche similaire fondée sur les risques aux chaînes de services d'assainissement, en traitant les risques depuis le confinement jusqu'à la réutilisation ou l'élimination. Cette approche est largement reconnue comme l'un des moyens les plus efficaces de réduire les maladies d'origine hydrique et de protéger la santé publique.

De la surveillance à l'action : la valeur ajoutée d'ODIN

La principale innovation du projet ODIN réside dans l'intégration des données de surveillance environnementale et des eaux usées aux systèmes opérationnels de gestion des risques liés à l'eau et à l'assainissement. Au Burkina Faso, en République démocratique du Congo et en Tanzanie, les approches WSP sont de plus en plus mises en œuvre dans les réseaux urbains d'approvisionnement en eau, avec le soutien des services publics et des autorités de régulation. Les conclusions d'ODIN dans l'étape 5.4 (mise à jour du contenu des WSP et SSP et lancement de l'évaluation quantitative des risques  microbiologiques de l'eau (QMRA) sur la base des résultats de la première campagne d'échantillonnage) mettent en évidence des lacunes critiques, en particulier dans les systèmes ruraux et à petite échelle, où la mise en œuvre formelle des WSP/SSP reste limitée malgré une forte exposition aux risques de contamination environnementale et fécale. Pour y remédier, il faut des outils simplifiés, un renforcement des capacités et un engagement plus étroit avec les communautés locales.

Combiner la surveillance environnementale et l'évaluation des risques

En reliant les résultats de la surveillance aux plans de sécurité sanitaire de l'eau, les parties prenantes sont mieux à même de hiérarchiser les mesures à prendre, telles que l'amélioration des performances de traitement ou la mise en place de barrières de protection supplémentaires lorsque les risques augmentent. Il est essentiel de noter que l'évaluation quantitative des risques microbiologiques (QMRA) pour Vibrio cholerae a été appliquée afin de traduire les mesures environnementales en risques concrets pour la santé publique. En Tanzanie, la QMRA a illustré le potentiel des données de surveillance pour éclairer les exigences en matière de traitement et établir des seuils de risque acceptables dans divers scénarios. Cependant, davantage de données sont nécessaires pour améliorer l'application de la QMRA. Cela indique une évolution de la surveillance descriptive vers une gestion des risques prédictive et axée sur la prise de décision, ce qui facilite la planification et la hiérarchisation des priorités basées sur des scénarios.

Vers des systèmes de sécurité sanitaire de l'eau et de l'assainissement fondés sur les données

Dans l'ensemble, le projet montre comment les plans de sécurité sanitaire de l'eau et les plans de sécurité sanitaire de l'assainissement (SSP) peuvent servir d'outils pratiques et évolutifs qui relient les données, l'évaluation des risques et la prise de décision opérationnelle, jetant ainsi les bases d'une eau potable plus sûre et d'une meilleure santé publique.

ODIN améliore les capacités d'alerte précoce et facilite les interventions proactives en matière de santé publique en intégrant la surveillance environnementale et des eaux usées dans ces cadres, ce qui est particulièrement utile dans les environnements où la surveillance clinique est insuffisante.

Cette méthode est conforme à l'objectif principal d'ODIN, qui est d'améliorer la préparation aux épidémies de maladies d'origine hydrique et de compléter la surveillance traditionnelle de la santé publique en renforçant les systèmes de surveillance environnementale. 

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